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Avertissement : Cet article reflète une expérience personnelle et professionnelle et ne constitue en aucun cas un avis médical. L’impact d’un capteur de glycémie varie d’une personne à l’autre. Veuillez consulter un professionnel de la santé pour obtenir des recommandations adaptées à votre situation.
En tant que nutritionniste travaillant au quotidien dans la prévention et le traitement du diabète de type 2, je croyais bien connaître la réponse de mon corps aux aliments. Après tout, je bouge en moyenne 150 minutes par semaine, je n’ai pas de poids à perdre et, grâce à mes études en nutrition, je considère que je mange de façon très équilibrée.
Mais au-delà de ces constats, mon corps pouvait-il essayer de me communiquer quelque chose sans que je ne m’en rende compte ?
J’ai donc récemment décidé de tenter l’expérience et de porter un capteur de glycémie en continu pendant deux semaines. Mon aventure s’est malheureusement terminée de façon un peu abrupte au bout de sept jours : un beau matin, l’application m’a simplement annoncé que le capteur n’était plus fonctionnel et que je devais en installer un nouveau !
Malgré cette fin prématurée, cette démarche — qui était à la base un simple exercice professionnel pour mieux comprendre la réalité de mes clients qui en portent un — s’est rapidement transformée en une série de découvertes surprenantes.
Ma tendance aux glycémies basses
Dès les premiers jours, j’ai constaté que ma glycémie moyenne oscillait entre 3,5 et 4,2 mmol/L. (Je sais! Certaines personnes vivant avec le diabète de type 2 rêvent d’avoir une glycémie à jeun aussi basse au lever, mais rappelez-vous que je ne vis pas avec cette maladie!)
Néanmoins, chez une personne vivant avec le diabète de type 2, ces chiffres seraient considérés comme de l’hypoglycémie. Pourtant, je me sentais parfaitement bien !
Si j’ai eu un petit moment de panique au début, j’ai vite compris qu’il s’agissait simplement de ma norme personnelle : le capteur m’indiquait que ma courbe était parfaitement stable et non en chute libre. En y réfléchissant bien, mes bilans sanguins ont d’ailleurs toujours montré des glycémies à jeun autour de 4,0 mmol/L, même lorsque j’étais enceinte !
Malgré tout, j’ai quand même vécu de vraies hypoglycémies à quelques reprises, accompagnées d’inconforts bien réels (fatigue, maux de tête). Elles étaient causées par des repas trop espacés, une activité physique intense ou la consommation d’alcool à jeun. Dès que j’ai mangé, la situation s’est rapidement normalisée.
🎥 Pour aller plus loin : Si tu veux comprendre ce qu’est l’hypoglycémie et comment la traiter efficacement, je t’invite à visionner mes deux vidéos YouTube à ce sujet en cliquant ici.
La réalité derrière certains repas : les montagnes russes
Au cours de la semaine, 4 repas sur une 21 repas consommés (soit 20% de ce que j’ai mangé dans ma semaine!) ont provoqué des pics de glycémie suivis de chutes très rapides :
- Un bol de ramen repas : composé d’un paquet de ramen instantané du commerce, garni de lanières de poulet maison et d’une belle quantité de légumes sautés ;
- Un repas au restaurant : combinant une pizza croûte mince aux légumes et des frites allumettes (que j’ai à peine touchées, car la pizza était énorme !) ;
- Un plat de nouilles aux œufs : accompagné d’une poêlée de champignons et de boulettes de viande dans une sauce blanche maison ;
- Une salade repas : accompagnée d’un verre de jus de fruits 100 % pur (200 ml).
Dans chacun de ces cas, mon assiette contenait des protéines et des légumes en quantité suffisante — des éléments qui, en théorie, sont censés ralentir l’absorption des glucides. En pratique, ma glycémie a grimpé en flèche avant de redescendre tout aussi vite, sans que je ne ressente pour autant de somnolence ou de coup de fatigue après le repas.
Une telle fluctuation suggère la présence possible d’une hyperinsulinémie, un facteur de risque souvent méconnu mais bien réel du diabète de type 2.
Qu’est-ce que l’hyperinsulinémie ?
C’est tout simplement une présence excessive d’insuline dans le sang. L’insuline agit comme une clé produite par le pancréas pour faire entrer le glucose dans nos cellules afin qu’elles l’utilisent comme énergie.
Quand tout va bien, le pancréas sécrète la juste quantité d’insuline après un repas, la glycémie se stabilise, puis l’insuline redescend. En cas d’hyperinsulinémie, le pancréas doit travailler en surrégime et en fabriquer beaucoup plus que la normale pour obtenir le même résultat et maintenir la glycémie dans les normes. Sur un capteur, cela se caractérise souvent par de très grandes fluctuations du taux de sucre — de vraies montagnes russes sur les graphiques de l’application.
Le pouvoir des glucides de qualité
Heureusement, l’hyperinsulinémie peut très bien se gérer (et même s’inverser dans certains cas) grâce aux habitudes de vie et à l’optimisation des choix alimentaires !
Lorsque j’ai testé des repas combinant des protéines, des légumes et des glucides de qualité — comme des grains entiers (quinoa, pain de blé, craquelins multigrains) ou des tubercules (pommes de terre, patates douces, panais) —, l’impact a été radicalement différent. Ma glycémie n’a augmenté que d’à peine 1,5 mmol/L, dessinant une courbe très douce et stable.
La morale de l’histoire
Cette expérience m’a rappelé une leçon fondamentale : peu importe votre poids, votre niveau d’activité physique ou l’équilibre général de votre assiette, la qualité des glucides reste primordiale dans la gestion de la glycémie.
Le but n’est absolument pas de couper les glucides, mais bien de viser la qualité. La présence de protéines et de légumes ne suffit pas toujours à neutraliser l’impact de glucides plus raffinés. Au quotidien, on gagne à prioriser :
- Les grains entiers et riches en fibres : avoine entière, quinoa, riz brun, orge… (Astuce : un produit à grains entiers se reconnaît à la présence de farine intégrale, farine entière, farine sur meule ou germe en premier ingrédient dans la liste des ingrédients).
- Les légumes tubercules et les courges : patates, patates douces, panais, courges d’hiver… C’est une excellente alternative aux grains entiers, naturellement riche en fibres et souvent très appréciée.
Et surtout, choisissez des aliments que vous aimez ! De mon côté, je déteste le sarrasin (même si c’est un excellent grain entier !). Je préfère me tourner vers d’autres options qui me réjouissent, comme le pain d’avoine, le pain de seigle, les craquelins de blé, le couscous de blé entier ou le quinoa.
Pourquoi ne dose-t-on pas l’insuline dans le sang de routine ?
Même si ces observations ne reflètent que mon expérience personnelle, une question revient souvent : pourquoi ne mesure-t-on pas directement l’insulinémie (le taux d’insuline dans le sang) lors des bilans de routine si elle constitue un facteur de risque du diabète de type 2 ?
Selon Diabète Canada, l’instance de référence en la matière, plusieurs raisons expliquent pourquoi ce test n’est pas pratiqué couramment :
- La grande instabilité de l’insuline (défis analytiques) :
- Sécrétion pulsatile : L’insuline est libérée par pics rapides toutes les 10 à 15 minutes. Sa concentration varie selon le stress, le sommeil ou le dernier repas.
- Demi-vie très courte : Une fois sécrétée, elle est dégradée très rapidement par le foie et les reins (en 4 à 5 minutes seulement).
- Échantillon fragile : Le sang prélevé nécessite des conditions de manipulation très strictes en laboratoire.
- L’absence de normes standardisées : Contrairement à la glycémie à jeun, il n’existe pas de seuil universel pour l’insuline. Les plages de référence varient selon les laboratoires et la quantité « normale » doit toujours être interprétée en fonction de la glycémie au même instant (comme avec l’indice HOMA-IR, lui aussi très peu utilisé en clinique).
- Une prise en charge qui reste la même : En médecine de première ligne, la présence d’une résistance à l’insuline est déjà suspectée face à certains signes (tour de taille élevé, fatigue après les repas, tension artérielle élevée ou bilan lipidique anormal). Le traitement repose sur les mêmes piliers — qualité de l’alimentation, activité physique, sommeil —, que l’insuline ait été dosée ou non.
En conclusion
Peut-être qu’un jour le dosage de l’insulinémie fera partie des bilans de routine. En attendant, il reste principalement réservé à la recherche et à certains médecins spécialistes .
De plus, il n’est absolument pas nécessaire que tout le monde porte un capteur de glycémie. La priorité demeure simple et accessible : bouger suffisamment et nourrir son corps de manière équilibrée pour vivre en santé le plus longtemps possible.
Sur ce, je m’en vais cuire mon millet pour le souper ! 😉
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