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On en entend souvent parler lors d’un diagnostic de prédiabète ou de diabète de type 2, mais savez-vous vraiment ce qu’est la résistance à l’insuline ? Ce phénomène, bien que complexe, est l’une des causes principales de l’élévation du sucre dans le sang.
La bonne nouvelle ? C’est un processus sur lequel vous avez une influence.
Les bases : Le sucre comme carburant
Pour fonctionner, notre corps a besoin de glucides (la grande familles des différents sucres présents dans différents groupes alimentaires). C’est l’essence de notre machine qu’est le corps humain : ils permettent à nos organes, à notre cerveau et à nos globules rouges de bien opérer ainsi qu’à nos muscles de fonctionner.
Dès que nous mangeons des glucides (fruits, produits céréaliers, produits laitiers, sucreries, légumineuses, légumes tubercules), notre pancréas sécrète une hormone appelée insuline. Son rôle est simple : elle s’unit aux molécules de glucose ( sucre) pour les faire entrer dans nos cellules et leur fournir de l’énergie.
Comment s'installe la résistance à l'insuline ?
Imaginez un repas très riche en glucides : une grosse assiette de pâtes, du pain baguette et un dessert chocolaté. MIAM! Votre sang reçoit une quantité massive de glucose, et votre pancréas doit produire énormément d’insuline pour tout gérer.
Si cet événement est exceptionnel, le corps s’adapte. Mais si cette consommation excessive de glucides devient chronique (plusieurs fois par jour ou par semaine), voici ce qui se passe :
- Saturation : Vos cellules sont déjà nourries et n’ont plus besoin d’énergie.
- Réserves pleines : L’excédent de sucre est envoyé vers le foie et les muscles. Une fois ces réserves pleines, il n’y a plus de place non plus.
- Le blocage : Le sucre reste stagnant dans le sang. Le pancréas, voyant cela, produit encore plus d’insuline. Le système s’engorge : c’est la résistance à l’insuline qui s’installe.
Dans un monde où l’accès aux aliments est grandement facilitée, la disponibilité des grosses portions est commune, ce qui augmente les risques de surconsommation, la résistance à l’insuline est grandement influencée par les excès alimentaires fréquents et la sédentarité de nos populations….
Pourquoi est-ce difficile à détecter ?
Il est impossible de savoir si l’on est résistant à l’insuline simplement par une prise de sang de routine car le dosage du taux d’insuline à jeun est rarement fait. De plus, peu de symptômes accompagnement ce dérèglement mais certains auront de la fatigue après les repas, des envies sucrées, une difficulté à perdre du poids et/ou une accumulation de gras au niveau abdominal. Néanmoins, ces symptômes peuvent aussi être causés par d’autres facteurs…
Toutefois, l’indice HOMA-IR, très connu en recherche, pourrait être éventuellement de plus en plus utilisé en pratique clinique , dans les prochaines années. En effet, à l’aide d’un simple calcul mathématique nécessitant la glycémie et l’insulinémie à jeun, le résultat obtenu peut être étonnant chez des participants ayant des glycémies dites normales. En effet, les études démontrent que plus le score HOMA est haut, plus le risque de développer un diabète augmente, ainsi que de maladies cardiovasculaires. Selon plusieurs sources, un résultat supérieur à 3,0 signifie une résistance à l’insuline.
Certains médecins spécialistes calculent parfois cet indice, mais le tout demeure encore une pratique peu commune.
Souvent, on ne se rend compte de la résistance à l’insuline que lorsque le taux de sucre devient anormalement élevé, menant au diagnostic de prédiabète ou de diabète de type 2, signe que le corps est trop essoufflé de gérer un trop de plein de nourriture et/ou un manque d’activité physique.
Les facteurs de risque : Ce qu'on ne peut pas changer
Certains éléments favorisent la résistance à l’insuline sans que nous n’y puissions rien :
- L’âge : Le risque augmente en vieillissant. En effet, plus nous vieillissons, plus le pancréas est moins efficace naturellement. Comme une voiture, les vieilles bagnoles ont plus de soucis que les autos sortant du concessionnaire. 😉
- L’ethnie : Certaines populations (Premières Nations, personnes d’origine asiatique, africaine ou hispanophone) ont une prédisposition génétique.
- L’hérédité : Les antécédents familiaux jouent un rôle.
- Les problèmes de santé : Un diabète de grossesse, le syndrome des ovaires polykystiques, la prise de cortisone sur une longue période, l’utilisation de certains médicaments pour gérer certains troubles de santé mentale sont quelques exemples.
Votre pouvoir : Les facteurs modifiables
C’est ici que vous devenez l’acteur principal de votre santé. Vous pouvez « tempérer » ou diminuer cette résistance grâce à des leviers concrets :
- L’activité physique : Bouger rend l’insuline beaucoup plus efficace.
- L’alimentation : En consommant des portions adaptées à vos besoins, en privilégiant les glucides dits naturels au lieu des glucides ajoutés aux produits, en cuisinant davantage, en limitant la consommation de boissons sucrées, vous aidez votre pancréas.
- La gestion de votre poids : Si vous vivez avec un surpoids ou une obésité, surtout abdominale, une légère perte de poids de 5-10% est reconnue bénéfique.
- La gestion globale des autres maladies chroniques présentes à votre dossier : Contrôler l’hypertension, le cholestérol, le foie gras et l’apnée du sommeil par de meilleures habitudes de vie est aussi souhaitable.
- Les habitudes de vie : Cesser de fumer et limiter la consommation d’alcool sont aussi d’excellentes stratégies.
Le but n’est pas d’avoir une vie de moine mais d’optimiser, d’améliorer les éléments sur lesquels vous avez un pouvoir.
Conclusion
La résistance à l’insuline n’est pas une fatalité ou strictement un phénomène physiologique sur lequel vous n’avez aucun pouvoir. En comprenant que la surcharge de glucides répétée et chronique fatigue votre système, vous pouvez faire des choix alimentaires et sportifs plus éclairés pour votre situation, renverser la vapeur, surtout en stade du prédiabète, ou limiter la résistance à l’insuline en diabète de type 2 et ainsi améliorer votre qualité de vie.
Pour aller plus loin : Regardez la vidéo complète de Véronique Plante : La résistance à l’insuline: Un phénomène sur lequel vous avez du pouvoir !
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