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L’Obésité : Au-delà du poids et du risque de développer le diabète de type 2t-il la nouvelle solution miracle pour le diabète de type 2 ?
9 juin 2026Mounjaro : Le « Ozempic 2.0 » est-il la nouvelle solution miracle pour le diabète de type 2 ?
Depuis la fin de l’année 2023, un nouveau nom circule avec insistance dans le monde de la santé au Canada : le Mounjaro. Surnommé par plusieurs le « Ozempic 2.0 », ce médicament suscite autant de curiosité que d’espoir.
Mais qu’en est-il réellement ? Est-ce une véritable révolution ou simplement une version plus puissante de ce que nous connaissons déjà ? Zoom sur cette nouvelle molécule et qui influence invariablement les habitudes alimentaires pour le mieux , et pour certains, pour le pire!
Pourquoi tout le monde en parle ?
Si le Mounjaro a gagné en popularité de manière fulgurante, c’est en grande partie grâce à son exposition médiatique. Des célébrités américaines comme la chanteuse Megan Trainor et l’actrice Whoopi Goldberg ont publiquement partagé leurs résultats de perte de poids spectaculaires grâce à ce traitement. Dans une société en quête de solutions rapides pour la gestion du poids, le Mounjaro est vite devenu l’objet de toutes les convoitises même si au Canada, il est strictement réservé aux personnes vivant avec le diabète de type 2!
N.B Le Zepbound est son petit jumeau, strictement réservé pour les personnes en situation d’obésité sans présence de diabète de type 2.
Qu’est-ce que le Mounjaro exactement ?
Conçu pour traiter le diabète de type 2 (et non initalement le poids), le Mounjaro se présente sous la forme d’une injection hebdomadaire, tout comme l’Ozempic. Tous les deux font partie de la classe de médicaments appelés les antagonistes du GLP-1, qui aide à diminuer la vidange gastrique et à cerner plus rapidement la satiété, le moment à lequel vous n’avez plus faim. Ainsi, on mange moins et par le fait même, on ingurgite moins de glucides, ce qui aide à mieux gérer les glycémies.
La grande différence de ces deux médicaments réside dans sa composition :
- Ozempic utilise une seule hormone (incrétine) pour mimer l’effet de coupe-faim.
- Mounjaro combine deux types d’incrétines. Cette double action stimule plus efficacement le pancréas pour sécréter de l’insuline et ralentit davantage la digestion, offrant un effet coupe-faim plus grand.
Une efficacité doublée sur la perte de poids
Alors que l’Ozempic permet en moyenne une perte de 8 % du poids initial, les études sur le Mounjaro montrent une perte de poids pouvant oscillant entre 15 %-20% du poids initial d’une personne, et ce sur une période de 72 semaines, soit plus d’un an, selon la dose utilisée.[1]
En effet, les doses disponibles entre le Mounjaro et l’Ozempic sont différentes. La dose initiale de Mounjaro commence à 2,5 mg et peut atteindre15 mg alors la dose maximale autorisée pour l’Ozempic est de 2 mg.
Alors, est-ce qu’une perte de poids plus grande améliore réellement le diabète de type 2? Selon une méta-analyse regroupant 39 études sur le sujet en 2024,[2] la réponse est oui! Meilleure glycémie à jeun et amélioration de l’hémoglobine glycquée, une des valeurs connues, dosées régulièrement dans le sang, afin de savoir si la maladie est bien contrôlée. De plus, certains professionnels de la santé y voient une opportunité d’éviter, de retarder une chirurgie bariatrique chez certains patients obèses et vivant avec le diabète. Moins invasif de s’injecter 1x/semaine un médicament que de passer sous le bistouri!
Les effets secondaires : le revers de la médaille
Au-delà des impacts sur le poids et la gestion du diabète ,il faut se rappeler que plus la dose est forte, plus les risques d’effets secondaires augmentent même si le produit est introduit graduellement, sur plusieurs semaines afin de limiter les effets suivants :
- Nausées et/ou vomissements.
- Diarrhée et/ou constipation.
- Fatigue intense et étourdissements .
Les études démontrent qu’entre 60 à 70% des participants vivent ces symptômes allant d’une intensité légère à sévère. Cela pourrait expliquer le taux d’abandon plus élevé dans ces études que celles faites avec Ozempic. De plus, ces effets secondaires ont inévitablement des répercussions sur les habitudes alimentaires en termes de quantité, de qualité et de fréquence. Connaissez-vous quelqu’un qui a la motivation à se cuisiner un repas équilibré alors qu’il a mal au cœur continuellement et ressent une grande fatigue?
Malgré le fait que ces effets ne sont pas agréables à vivre, cela va également influencer la cadence de perte de poids. Saviez-vous qu’une perte de poids de plus de 2 lb par semaine ou représentant plus de 5% de perte de poids en un seul mois est un fort prédicateur de malnutrition/dénutrition? Perte de masse musculaire, fatigue, baisse du niveau d’activité physique, risque de carences nutritionnelles sont des enjeux bien réels, que je côtoie beaucoup trop souvent en clinique . [3]
Si vous utilisez ce produit ou si vous envisagez de le faire, garder en tête ce conseil :
Au lieu de valoriser la perte de poids – ce qui pourrait cacher des lacunes importantes en terme de saine alimentation- questionnez-vous sur le nombre de repas que vous prenez jour, votre appétit, la quantité de nourriture que vous réussissez à ingurgiter, votre niveau d’énergie, l’intégration d’un mode de vie plus actif, l’intensité de vos effets secondaires vs les bénéfices réels…
Est-ce pour tout le monde ?
Malgré ses promesses, le Mounjaro comporte des contre-indications strictes:
- Diabète de type 1.
- Femmes enceintes ou allaitantes.
- Antécédents de tumeurs de la thyroïde ou de pancréatite.
- Insuffisance rénale sévère
- Insuffisance du foie sévère
- Hypersensibilité connue aux autres médicaments de la classe des GLP-1.
Au-delà de ces contre-indications établies dans la fiche du médicament, nommée monographie, mon expérience clinique me démontre que ce genre de molécule est rarement approprié pour les clientèles suivantes :
- Antécédents de troubles de comportements alimentaires;
- Antécédents de régimes amaigrissants répétées et distorsion de l’image corporelle;
- Mauvaise relation avec la nourriture et le corps;
- Individus considérant le médicament comme miraculeux et n’étant pas prêts à changer réellement leurs habitudes alimentaires et de vie;
- Les personnes âgées, déjà très à risque de dénutrition/malnutrition;
- Les personnes n’ayant aucun poids à perdre mais ayant des glycémies mal contrôlées;
Conclusion : Une révolution à surveiller
Le Mounjaro représente sans aucun doute une avancée majeure dans le traitement du diabète de type 2. Cependant, comme tous les autres médicaments disponibles en diabète de type 2, il ne s’agit pas d’une solution universelle, ni miraculeuse et n’est pas une béquille. Le choix de ce traitement doit se faire en fonction de vos objectifs santé, de votre santé globale, de votre poids, de votre couverture d’assurance médicament etc…
Avant de considérer le Mounjaro comme une « baguette magique », une discussion approfondie avec votre professionnel de la santé reste l’étape essentielle pour devenir le véritable leader de votre santé diabétique.
De plus, étant donné ses impacts quasi inévitables sur les habitudes alimentaires, je fais le rêve pieux que toute personne utilisant cette molécule soit accompagnée par une nutritionniste afin d’optimiser le processus, limiter les effets secondaires et les risques nutritionnels.
Vous utilisez cette molécule et vous avez des enjeux , des défis alimentaires? Vous désirez être accompagné dans ce processus? Vous songez à le prendre mais vous désirez optimiser votre alimentation avant? Prenez un appel découverte gratuit de 15 minutes afin de savoir comment je pourrais vous aider dans votre démarche.
[1] American Dietetic Association, SURMOUNT-2 Study Finds Individuals with Type 2 Diabetes and Obesity Lost an Average of 15% of Their Body Weight when Taking Tirzepatide, ada_sci_sessions_2023_news_release_surmount_2.pdf, Juin 2023, consulté le 8 avril 2026
[2] Yao H, Zhang A, Li D, Wu Y, Wang CZ, Wan JY, Yuan CS. Comparative effectiveness of GLP-1 receptor agonists on glycaemic control, body weight, and lipid profile for type 2 diabetes: systematic review and network meta-analysis. BMJ. 2024 Jan 29;384:e076410. doi: 10.1136/bmj-2023-076410. PMID: 38286487; PMCID: PMC10823535. Consulté le 8 avril 2026
[3] GORDON, L Jensen and all. The Academy of Nutrition and Dietetics/The American Society for Parenteral and Enteral Nutrition Consensus Malnutrition Characteristics. Nutrition clinical practice. Octobre 2013, volume 34, numéro 5, p. 655-656. [Consulté le 12 mai 2023]. Disponible : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24177285/
[3] Fédération française de la nutrition. Diagnostic de la dénutrition chez l’enfant, l’adulte et la personne de 70 ans et plus. Novembre 2021. [Consulté le 13 mai 2023]. Disponible : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-11
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