
Stress, cortisol et diabète : et si le stress jouait sur votre glycémie ?
15 septembre 2026Le stress peut-il contribuer au développement du diabète de type 2 ?
Dans le dernier article que je vous invite à consulter ici, nous avons vu que le stress peut influencer la glycémie (taux de sucre dans le sang) chez une personne vivant avec le prédiabète ou le diabète de type 2.
Mais… qu’en est-il avant même le diagnostic ? Est-ce que vivre beaucoup de stress pourrait contribuer au développement du diabète de type 2 ? La réponse n’est pas aussi simple qu’un oui ou un non !
Le diabète de type 2 est une maladie complexe. Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de le développer, comme l’âge, les antécédents familiaux, l’origine ethnique ou encore la sédentarité. [1] Pour en savoir plus, c’est par ici.
Le stress, à lui seul, ne cause pas le diabète de type 2. Par contre, il peut influencer certaines de nos habitudes de vie, comme notre façon de manger, et devenir un facteur de risque à moyen/long terme.
Quand le stress s’invite dans l’assiette
Avez-vous déjà remarqué que vous ne mangez pas de la même façon lorsque vous êtes stressé ? Peut-être avez-vous soudainement envie d’un burger avec des frites, d’un sac de chips ou encore d’un bol de crème glacée. Eh bien, le stress semble réellement modifier nos choix alimentaires !
Deux grandes analyses regroupant plusieurs études, l’une chez des adultes en santé et l’autre auprès de femmes en santé en âge de procréer, ont observé certaines tendances entre le stress et notre façon de manger. Il est important de préciser que les personnes vivant avec le diabète étaient exclues de ces analyses. Globalement, le stress est associé à des choix alimentaires moins favorables. [2][3]
Certaines études rapportent notamment une plus grande consommation d’aliments riches en gras, en sucres, en sel et de restauration rapide. À l’inverse, le stress est associé à une consommation plus faible de fruits et de légumes. [3] Bien sûr, nous ne réagissons pas tous de la même façon au stress. Mais une tendance ressort : les aliments nutritifs semblent généralement avoir moins la cote lorsque le stress est au rendez-vous. [2][3] Ce même patron alimentaire est d’ailleurs reconnu pour être un facteur de risque de diabète de type 2.
Mais pourquoi a-t-on parfois envie de manger différemment ?
À court terme, l’appétit peut disparaître.
Lorsqu’une situation stressante arrive, notre corps se met rapidement en mode « combat ou fuite », notamment grâce à la libération d’adrénaline. Cette hormone prépare notre corps à réagir à ce qu’il perçoit comme une menace. Résultat : l’envie de manger peut temporairement diminuer. [4]
Lorsque le stress se prolonge, c’est une autre histoire.
Vous vous souvenez du cortisol, l’« hormone du stress » ? Lorsque le stress persiste, cette hormone peut contribuer à augmenter l’appétit. Normalement, le taux de cortisol redescend une fois la situation stressante terminée. Mais si le stress se prolonge, il peut rester élevé plus longtemps et l’envie de manger peut aussi être plus importante. [4]
Et les cravings de gras, de sucré ou de salé dans tout ça ?
Ils ne sortent pas de nulle part ! Certains aliments riches en gras et en sucre peuvent être réconfortants sur le moment et semblent diminuer temporairement certaines réactions et émotions liées au stress. [4]
La dopamine, un messager du cerveau associé notamment au plaisir et à la récompense, pourrait jouer un rôle. Certains aliments très savoureux peuvent activer ce système de récompense et nous procurer temporairement une sensation de bien-être.
Petit à petit, une association peut se créer : je suis stressé → je me tourne vers un aliment réconfortant → je ressens du plaisir ou du soulagement sur le moment → je peux être tenté de refaire la même chose lors d’une prochaine période de stress. [5]
Le stress fait-il prendre du poids ?
Pas nécessairement ! Le stress n’a pas le même effet sur l’appétit pour tout le monde. Environ 35 à 40 % des personnes auraient tendance à manger davantage. Chez d’autres, la quantité de nourriture consommée peut diminuer, par exemple en sautant des repas ou simplement rester identique.
Ces changements dans notre façon de manger peuvent éventuellement avoir un effet sur notre poids. Si le stress nous amène régulièrement à manger plus que ce dont notre corps a besoin, nous pouvons prendre du poids avec le temps. À l’inverse, si le stress nous coupe l’appétit et que nous mangeons moins, nous pouvons perdre du poids. [2]
Le stress peut donc influencer le poids, mais pas toujours dans la direction qu’on imagine.
Quel est le lien entre le stress et le diabète de type 2 ?
C’est ici que les pièces du puzzle s’assemblent !
Une alimentation comprenant davantage de viandes rouges, de produits frits et de grains raffinés est associée à un risque plus élevé de développer un diabète de type 2. [6] Une consommation plus élevée d’aliments ultra-transformés est également associée à un risque plus important de développer cette maladie chronique. [7] Or, ce type d’aliment peut être plus consommé en période de stress comme nous l’avons vu. [2][3]
À l’inverse, certaines habitudes alimentaires semblent protectrices. Une alimentation riche en fruits et en légumes est associée à un risque plus faible de développer un diabète de type 2. C’est notamment ce qu’on observe avec l’alimentation méditerranéenne, reconnue pour prévenir et aider la gestion du diabète de type 2, et le régime DASH. [6] Toutefois, nous avons tendance à consommer moins de fruits et de légumes lorsque nous sommes stressés. [3] Nous adoptons donc moins d’habitudes protectrices.
Et chez les personnes qui ont tendance à manger plus lorsqu’elles sont stressées, ces habitudes alimentaires peuvent contribuer à une prise de poids. [2] Sachant que le surplus de poids et des habitudes alimentaires moins favorables à la santé font justement partie des facteurs de risque du diabète de type 2, le stress pourrait donc contribuer indirectement au développement de cette maladie. [1]
Et maintenant, on fait quoi ?
Après une grosse journée, personne n’a envie de cuisiner pendant des heures ou de manger des crudités devant la télé. Et c’est correct ! Dans ces moments-là, quelques stratégies simples peuvent nous faciliter la vie et nous aider à maintenir de bonnes habitudes malgré un contexte stressant :
- Trouvez des façons de vous détendre qui vous font du bien : bouger, prendre une marche, écouter de la musique, danser, prendre une bonne douche chaude ou encore faire un passe-temps que vous aimez peut aussi vous aider à décompresser après une journée stressante.
- Profitez des raccourcis de l’épicerie : mélanges de légumes surgelés, poulet rôti, mélange de salade, riz précuit… Pratique ne veut pas automatiquement dire moins nutritif !
- Profitez du congélateur ! Lorsque vous cuisinez une lasagne, un potage, un chili ou un autre repas qui se congèle bien, préparez-en un peu plus et congelez quelques portions. Vous aurez ainsi un repas réconfortant prêt à réchauffer.
Et surtout, pas besoin de culpabiliser si l’envie d’une crème glacée ou de restauration rapide se présente après un stress important. Un aliment ou un repas ne détermine pas à lui seul votre risque de diabète de type 2. Ce sont les habitudes qui se répètent au fil du temps qui comptent, tout comme pour la gestion de votre prédiabète ou de votre diabète de type 2.
Que ce soit pour prévenir le diabète de type 2 ou pour mieux gérer vos glycémies, des stratégies adaptées à votre réalité peuvent faire toute la différence. Prenez rendez-vous pour une rencontre nutritionnelle personnalisée en cliquant ici.
Josiane Boileau, stagiaire en nutrition.
Révision : Véronique Plante, diététiste-nutritionniste.
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Références
[1] Diabète Québec. Facteurs de risque, Diabète Québec – Facteurs de risque, consulté le 14 septembre 2026.
[2] Hill D, Conner M, Clancy F, Moss R, Wilding S, Bristow M, et al. Stress and eating behaviours in healthy adults: a systematic review and meta-analysis. Health Psychology Review. 3 avr 2022;16(2):280‑304. doi:10.1080/17437199.2021.1923406
[3] Khaled K, Tsofliou F, Hundley V, Helmreich R, Almilaji O. Perceived stress and diet quality in women of reproductive age: a systematic review and meta-analysis. Nutr J. 28 août 2020;19(1):92. doi:10.1186/s12937-020-00609-w
[4] Harvard Health Publishing. Why stress causes people to overeat, Harvard Health Publishing – Why stress causes people to overeat, consulté le 14 septembre 2026.
[5] Côté S. Alimentation et santé mentale : dans les 2 sens, Stéphanie Côté – Alimentation et santé mentale, consulté le 14 septembre 2026.
[6] Jannasch F, Kröger J, Schulze MB. Dietary Patterns and Type 2 Diabetes: A Systematic Literature Review and Meta-Analysis of Prospective Studies. The Journal of Nutrition. juin 2017;147(6):1174‑82. doi:10.3945/jn.116.242552
[7] Chen Z, Khandpur N, Desjardins C, Wang L, Monteiro CA, Rossato SL, et al. Ultra-Processed Food Consumption and Risk of Type 2 Diabetes: Three Large Prospective U.S. Cohort Studies. Diabetes Care. 1 juill 2023;46(7):1335‑44. doi:10.2337/dc22-1993
Autres ressources
Plante V. Stress, cortisol et diabète : et si le stress jouait sur votre glycémie ?. Stress, cortisol et diabète : et si le stress jouait sur votre glycémie ?, automne 2026, consulté le 15 septembre.
Plante V. Pourquoi je suis diabétique? Je ne suis même pas une bébitte à sucre! [vidéo]. Pourquoi je suis diabétique? Je ne suis même pas une bébitte à sucre! – YouTube, 22 août 2023, consulté le 14 septembre 2026.
Agence de la santé publique du Canada. Le questionnaire canadien sur le risque de diabète (CANRISK), Questionnaire CANRISK, consulté le 14 septembre 2026.
Plante V. La diète méditerranéenne [vidéo]. La diète méditerranéenne – Youtube, 24 janvier 2023, consulté le 14 septembre 2026.
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